Genval bis à Limete : le Rassemblement veut encore faire couler le sang

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Des recommandations formulées ne diffèrent en rien de celles remises au gouvernement belge lors du conclave de Genval tenu au mois de juin de l’année en cours. Le Rassemblement a donc livré en public son plus grand désir de coup d’Etat en perspective.

Une fois de plus, les Congolais ont vécu, hier mardi 4 octobre, une autre pièce de théâtre d’une frange de l’opposition dénommée Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement. Une réunion jugée de grande envergure, dans son annonce, mais qui s’est avérée en réalité de la routine ou contre-productive.

Des recommandations formulées ne diffèrent en rien de celles remises au gouvernement belge lors du conclave de Genval tenu au mois de juin de l’année en cours. Le Rassemblement a donc livré en public son plus grand désir de coup d’Etat en perspective. Les Congolais sont appelés à la vigilance et à rester soudés, car le sang ne coulera plus jamais en Rdc.

Plusieurs délégations nationales et internationales, dont certains partis politiques de l’Opposition, la Société civile, la Cenco, les ambassadeurs et autres, ont pris part à la grand-messe du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement organisée hier mardi 4 octobre 2016 au siège de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps) à Limete.

N’ayant pas respecté le programme comme d’habitude, le président du Conseil des Sages du Rassemblement, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba a atterri à 14 heures, contrairement à l’heure prévue dans le programme officiel (13h30).

Les participants contraints l’attendre, ont assisté à des chants d’adoration et de louange sur la personne de l’opposant historique. Un culte de personnalité, mais aussi d’injures à l’endroit du pouvoir en place. Et lorsqu’il est arrivé, le sphinx de Limete n’a parlé que pendant cinq minutes, appelant ainsi les Congolais au boycott des résolutions du dialogue politique national inclusif convoqué par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, qui se tient à la Cité de l’Union Africaine et dont le facilitateur désigné par l’UA, l’ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, ne cesse de multiplier de contacts pour arriver un accord final, qui sera opposable à tous.

« Que le peuple ne considère pas les résolutions du camp Tshatshi. Nous donnerons un carton jaune à Kabila le 19 octobre et un carton rouge le 19 décembre. Le Rassemblement reste fidèle au peuple et il ne peut pas le trahir », a-t-il dit. Un comportement jugé irresponsable et qui cache une haine inouïe contre l’actuel Président de la République et qui est encore de nature à faire couler le sang des Congolais.

C’est le moment pour tous les Congolais de dire non à la violence, parce que le peuple congolais a déjà compris que le seul moyen pour résoudre la crise actuelle est d’organiser des élections apaisées et dépouillées de tout conflit, c’est le dialogue. Celui-ci se déroule très bien à la Cité de l’UA, et ses portes ne sont point fermées pour les membres du Rassemblement.

Pour rappel, le Facilitateur récusé par l’UDPS est là sur demande de cette classe politique et son choix a été validé par toute la Communauté internationale, rendant ainsi les Congolais incapables de résoudre leurs propres querelles. Curieusement, ce Rassemblement composé des anciens traitres d’Etienne Tshisekedi du temps de l’Union sacrée de l’Opposition se retrouvent une fois de plus autour de lui pour lui jouer un énième coup.

L’opinion tant nationale qu’internationale doit retenir que tout ce qui se traite à la Cité de l’Union africaine n’est que le reflet de ce qui avait déjà été convenu entre l’UDPS et la MP à Ibiza. Pris en otage par le Barbouze et maraudeurs du G7, le Rassemblement à fait du surplace. Pas de commissions traitant des questions spécifiques à soumettre à qui veut les écouter. En réalité, ce groupe ne dispose d’aucun projet de société, mais il s’est fait spécialiste en revendications et chantages.

Des résolutions peu satisfaisantes

Rappelons que les travaux du conclave n’ont duré qu’un après-midi. Ils ont réuni les partis membres de cette plateforme ainsi que certains mouvements citoyens comme la Lucha et Filimbi. Dans l’examen de son ordre du jour, il saute aux yeux que le Rassemblement n’a fait que répéter tout ce qu’il a l’habitude de réciter tous les jours depuis Genval.

Quant aux résolutions, plusieurs ont été formulées, notamment : la libération sans condition de tous les prisonniers politiques et d’opinion tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays; l’abandon des poursuites judiciaires injustes et inspirées par des motivations politiques contre les leaders de l’Opposition ; le retour en toute sécurité et sans ennuis des exilés politiques congolais ; l’arrêt de toutes formes de harcèlement, d’intimidations et de menaces contre les membres de l’opposition tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays ; l’arrêt et l’abandon des tracasseries fiscales, administratives et policières contre les membres de l’Opposition et de la société civile ; la suppression et l’interdiction des dédoublements des partis politiques de l’Opposition ; la levée de toutes entraves à la liberté de presse et de manifestation ; le libre accès des médias publics à tous les courants de pensée et d’opinion ; la réouverture de tous les médias proches de l’Opposition fermés et la liberté de mouvement des membres de l’Opposition.

Des résolutions passées déjà en désuétude, car le Chef de l’Etat, par son pouvoir en tant que Garant de la nation, a répondu à plusieurs de ces recommandations. Plusieurs prisonniers d’opinions ont été libérés, certains médias de l’opposition rouverts et bien d’autres encore.

Concernant l’arrêt de toutes formes de harcèlement, d’intimidations et de menaces contre les membres de l’opposition tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, les membres du Rassemblement sollicite des excuses pour leurs fautes graves commises les 19 et 20 septembre lors de leur prétendue marche pacifique.

Des déclarations de trop

Liberté n’est pas synonyme de libertinage. Malheureusement, c’était le cas pour les opposants réunis hier à Limete. Pendant que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a éclairé la lanterne des Congolais et de la communauté internationale sur l’organisation des prochaines élections, le Rassemblement, lui pense le contraire et prône le chaos, comme l’illustre la déclaration suivante : « le Rassemblement appellera le Peuple congolais à ne plus reconnaître l’autorité, du reste illégitime et illégale, de Joseph Kabila et à résister pacifiquement au coup d’Etat qui sera ainsi accompli avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle ; le Rassemblement invitera les partenaires extérieurs ainsi que l’ensemble de la communauté internationale à ne plus traiter avec Monsieur Joseph Kabila au nom de la République Démocratique du Congo ; Le Rassemblement initiera toutes actions pacifiques conformément à l’article 64 de la Constitution et aux lois de la République pour mettre fin à la forfaiture et à la trahison de la Nation perpétrées par Monsieur Joseph Kabila.

Ils vont même plus loin, en formulant la résolution selon laquelle, un «régime spécial» doit être instauré pour assurer la gestion du pays après l’expiration du mandat présidentiel le 19 décembre. Selon le Rassemblement, ce « régime spécial», une sorte de transition, aura pour mission l’organisation rapide des élections dans le respect de la Constitution et des normes démocratiques.

Pour ces acteurs politiques, ceci mettra fin au vide du pouvoir à tous les niveaux. De ce qui précède, le Rassemblement a donc livré en public son plus grand désir du coup d’Etat en perspective. Les Congolais sont appelés à la vigilance et à rester soudés, car le sang ne coulera plus jamais en Rdc. Et tout celui qui osera, rendra compte à la justice.

En outre, pour matérialiser leur souhait de ne plus reconnaitre l’autorité du Président Kabila, les élus nationaux et provinciaux de l’opposition sont invités à démissionner des institutions Assemblée nationale et Sénat, puis les Assemblées provinciales. Cela justifierait leur détermination à évincer le pouvoir légalement établi par la Constitution. Une telle classe politique donne de la nausée et une pilule amère à avaler aux générations futures.

L’Avenir